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Le
Monde
Noir Dehors.
Le 14 août 2003, New York est soudain plongée
dans le chaos et les ténèbres à
la suite d'une panne électrique géante.
C'est le black-out sur la ville qui ne dort jamais.
Pour son cinquième roman, Valérie Tong
Cuong s'est inspirée de cet événement
pour croiser les destins de trois êtres solitaires
: Naomi, "pute à crack" retenue prisonnière
dans un bar de Brooklyn, Simon, avocat médiatique
las d'une vie qu'il cherche à fuir dans les bras
d'une femme virtuelle ; et Canal, orphelin recueilli
par un vieux Chinois qui l'exploite. De l'un à
l'autre, sur un rythme enlevé, nerveux, la romancière
fait entendre, à travers ces voix qui se révèlent
à elles-mêmes, les peurs, les incertitudes,
les blessures de ces vies qui, à la faveur de
cette nuit singulière, trouveront le chemin de
la rédemption.
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Le
Point
Un trio dans le noir.
Les portraitistes n’aiment pas les visages sous
le soleil au zénith. La lumière crue et
verticale y jette trop d’ombre. A l’inverse,
c’est grâce à l’obscurité
que Valérie Tong Cuong «révèle»
les personnages de son cinquième roman. On est
à New York, le 14 août 2003, quand une
gigantesque panne d’électricité
paralyse la ville. Les «événements»,
métonymie désormais courante aux Etats-Unis
pour évoquer le 11 septembre, ont eu lieu et
leur souvenir ajoute à la panique. Les rues sont
noires de gens affolés, incapables de rentrer
chez eux autrement qu’à pied.
Parmi eux, Naomi, prostituée accro au crack,
parvenue à s’échapper d’un
bar de Brooklyn dans lequel son proxénète
la tenait prisonnière. Simon, avocat médiatique,
descendu à grand-peine du 36ème étage
de son building, désolé que sa carte bancaire
ne puisse plus rien pour lui. Enfin, Canal, orphelin
recueilli par une famille de Chinatown, de nouveau sans
domicile après que le commerce familial a fini
en cendres.
Leur rencontre improbable se fera dans une église
transformée en refuge. Trois solitudes, trois
narrateurs. Derrière le «je» de «Noir
dehors» se cachent tour à tour Naomi, Simo
et Canal ; Grâce à ce procédé
narratif très cinématographique, Valérie
Tong Cuong rappelle sans cesse l’unicité
de chaque histoire. L’ultime ne manquera pas de
surprendre.
Aurélie
Jacques |
Prima
On a dévoré
! Naomi, prostituée coincée
dans un bar de Brooklyn, Simon Schwartz, avocat célèbre,
et Canal, orphelin Chinois traité en esclave
par sa famille d’accueil : trois personnages à
qui l’auteur sait donner une voix propre pour
raconter la grande panne qui paralysa New York pendant
vingt-quatre heures. Le récit d’un chaos
ordinaire, qui est aussi un roman sur les aptitudes
de chacun à rebondir.
Eliane
Girard |
Le
Magazine Littéraire
New York, fin d’un après-midi caniculaire.
Les fusibles sautent et l’obscurité s’installe
peu à peu dans la métropole, laissant
hommes et technologie désemparés. «la
nuit de la panne» vient de commencer. Et, alors
que la nature réaffirme ses droits, quelques
êtres reprennent possession de leur destin : Simon,
avocat de renom pétri de solitude, Naomi, esclave
d’un mac, droguée depuis sa naissance,
Bijou, prostituée au passé trouble, puis
Canal, orphelin asiatique recueilli et exploité
par un vieux boutiquier chinois. Subitement cette panne
brise la routine et les jette dans la rue, ouvrant les
portes de leurs prisons respectives. Leur errance les
conduira vers un même carrefour, théatre
où ce qui les relie apparaîtra enfin.
De Big à
Ferdinand et les Iconoclastes, en passant
par Où je suis, Valérie
Tong Cuong renouvelle sans cesse son inspiration. Ce
qui l’intéresse ? Imaginer des trajectoires
humaines d’exception, faire épouser leurs
aventures et leurs émotions au lecteur. C’est
chose faite dans Noir Dehors, cinquième
roman où les influences d’outre-Atlantique
sont évidentes.
Noirs au dehors, mais lumineux à l’intérieur
? Les personnages de cette fiction ont beau être,
ici un avoué aux méthodes discutables,
là une fille de joie qui a commis le pire des
crimes ; au-delà d’une apparente médiocrité,
chacun rayonne de par son énergie à combattre
ses faiblesses et ses démons. Valérie
Tong Cuong offre à cette rentrée un bon
roman initiatique.
Jessica
L. Nelson |
Avantages
A dévorer.
Un après-midi du mois d’août, à
New York, le baromètre affiche 38°. Soudain,
une panne générale d’électricité
va faire basculer et converger le destin de trois anonymes.
Naomi, une jeune pute à crack, séquestrée
depuis des années, Simon, avocat réputé,
et Canal, un jeune Chinois abandonné à
la naissance sur Canal Street. Une écriture sèche
et très précise au service d’une
construction rigoureuse accompagne les errances de ces
trois personnages chaotiques jusqu’au dénouement.
I.A. |
Questions
de femme
Destins. New York,
une après-midi d’août. Sous une chaleur
étouffante, c’est la panne générale.
Tout s’arrête, à commencer par la
course folle de toutes ces âmes qui, quotidiennement,
se battent contre le temps. Naomi, une jolie «
pute à crack », est enfermée dans
un bar clandestin avec celle qui veille sur elle, l’étrange
Bijou. Simon Schwartz, fameux avocat mais fieffé
salaud qui cherche sa rédemption dans les bras
d’une femme qu’il n’a jamais eue,
est retenu au 36ème étage d’une
tour déserte du Financial District. Canal, as
des arts martiaux, surnommé ainsi depuis qu’il
a été trouvé sur Canal Street alors
qu’il n’était encore qu’un
nourrisson, erre dans la rue depuis que le magasin qui
l’employait a brûlé et qu’il
s’est retrouvé sans emploi… La panne
générale agira sur eux comme un catalyseur.
En glissements progressifs vers la folie ou l’expiation,
ils s’ouvriront vers une autre voie…
L.F.
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Vivre
au féminin
Panne sur la ville.
Nex York, quelque temps après le 11 septembre,
par un après-midi d’août étouffant…
le black-out est total. A la lueur des ombres, Naomi,
jolie «pute à crack», s’échappe
du bar clandestin qui la retient prisonnière
depuis ses 12 ans. Simon, avocat de renom, Français
expatrié dans la grande pomme, vient de se tordre
la cheville et se demande comment descendre les 37 étages
de sa tour miroir. Enfin Canal, un Chinois orphelin
qui doit son nom à la rue dans laquelle on l’a
trouvé, se lance à l’assaut de la
vie après 26 ans d’esclavage dans une petite
échoppe de Chinatown et avec pour seule arme
la pensée de Confucius. Le destin de ces trois
solitudes va converger vers une petite église
où se jouera un dénouement surprenant.
Une petite histoire qui brille dans le roman noir.
M.Q. |
Le
Figaro Magazine
Noir Dehors s’appuie sur cette nuit d’été
où New York fut plongée dans l’obscurité.
Trois destins se percutent. Une pute à crack,
Naomi, un avocat d’affaires, Simon, un jeune homme
abandonné jadis sur un trottoir. A tour de rôle,
ils prennent la parole. Problème, les dialogues
oublient la nuance, l’ensemble évooque
un synopsis. Il ne faudrait pas grand-chose pour faire
de l’objet un vrai roman. On le sent aux confidences
de Canal et Naomi, à cette rencontre qui changera
leur vie. On approche là l’histoire d’une
rédemption. Ce n’est pas le talent qui
manque, mais l’engagement. Noir dehors ? Etre
écrivain, c’est gagner le cœur des
ténèbres.
S.
Guibourgé |
Le
Petit Journal.com
Il se passe quoi à New York ce fameux jour d’aout
2003, quand une gigantesque panne d’électricité
plonge la ville dans le noir ? Des libérations
spontanées et des emprisonnements non commandés.
Brossant le portrait d’une demi-douzaine de personnages
pour qui, ce jour-là ; le destin changera, Valérie
Tong Cuong livre un regard inventif sous sa plume vive.
Un roman haletant, d’abord facile. Et de dimensions
politiques, aussi.
LPJ |
Marie
Claire
Un bonheur chaudement recommandé
!
Aout 2004. Panne générale d’électricité
à New York. Dans la cité multi-ethnique
paralysée, trois solitaires convergent vers une
église. Nos rescapés y trouveront-ils
le salut ou la damnation ?
Simon, avocat médiatique, a bien du mal à
descendre du 36ème étage de sa tour avec
une cheville foulée. Il en pince pour Naomi,
jolie «pute à crack» rencontrée
sur le Net, qui profite de l’obscurité
pour s’évader d’un bar clandestin
accompagnée de Bijou, sa protectrice. Le black-out
jette à la rue Canal, orphelin érudit
en arts martiaux, et le libère du bazar où
il était réduit en esclavage. Aucun n’en
sortira indemne. En shorts-cuts nerveux, monologues
haletants, glissements imperceptibles, Valérie
Tong Cuong rèussit à faire passer ces
destins des ténèbres à la lumière,
de la réclusion à la liberté. Aujourd’hui
où tout semble noir, ce livre brûlant illumine
nos rêves d’asphaltes.
Emmanuelle
de Boysson |
Zone
Littéraire
Peu après les "évènements"
du 11 septembre 2001, New York subissait un second choc
: une coupure de courant généralisée
sans précédent. Tel est le point de départ
et la trame de fond de Noir dehors.
Que peut-il y a voir de commun entre Naomi, jeune prostituée
orpheline et toxicomane, Simon, brillant avocat, et
Canal (du nom de la rue où il a été
retrouvé), jeune Chinois autodidacte et orphelin,
exploité par le marchand qui l’a recueilli
? Rien a priori, si ce n’est leur commune résidence
dans la moderne et cosmopolite New York. Étant
donné la densité et le fourmillement de
cette industrieuse cité, la probabilité
pour que de tels êtres se rencontrent tendait
vers le néant. C’était sans compter
sur cette panne d’électricité qui
a frappé la ville de ses bas-fonds jusqu’aux
gratte-ciels, rétablissant ainsi temporairement
un semblant d’égalité entre les
hommes. Car s’il y a une technologie omniprésente
et dont la privation laisse ses contemporains fort dépourvus,
il s’agit bien de l’électricité.
Par grand froid ou par temps de canicule, elle seule
est capable de protéger nos fragiles organismes
contre les vicissitudes et les caprices du dehors. Aussi
lorsqu’elle disparaît, c’est sur ses
propres ressources et sa capacité réflexive
que chacun se voit contraint de se recroqueviller. En
effet, quoi de plus superflu qu’une carte de crédit,
aussi gold soit-elle, quand tous les distributeurs automatiques
sont condamnés au mutisme en l’absence
d’alimentation énergétique ? Simon
le nanti fait durement l’expérience de
cette rude et subite abolition des privilèges.
Drôle d’endroit pour une rencontre
C’est ainsi qu’il se met en voie d’un
lieu moins hostile que les chaussées bitumées,
d’un refuge pour passer la nuit. À l’issue
d’une errance au cours de laquelle il prend plus
que jamais conscience de son extrême solitude
et de la duperie que représentait à ses
yeux la quiétude d’une vie familiale prétendument
modèle, il arrive dans une église, qui,
telle l’arche de Noé, constitue le point
de ralliement de toutes ces âmes perdues. Une
atmosphère apocalyptique y règne, cadre
d’une tragédie des temps modernes dans
laquelle l’homme, même surprotégé,
témoigne d’une profonde faiblesse. Car
si l’obscurité effraie, c’est bien
parce que, tel un révélateur photographique,
elle met en lumière la déshumanisation
urbaine et éclaire le mal-être de chacun.
Que l’on se prénomme Simon, Canal ou Naomi,
homme ou femme, c’est avant tout contre l’âpreté
et la violence du quotidien que l’on s’efforce
de lutter en s’évadant. Pour cela, à
chacun son remède : tandis que l’un se
repaît de ses fantasmes, l’une se soulage
dans la drogue et l’autre se ressource dans la
philosophie zen.
À la croisée des destins
Sans jamais sombrer dans le pathétique, Valérie
Tong Cuong pointe ainsi les faiblesses particulières
de chacun et la commune solitude plus que jamais pesante
dans la froideur des grandes villes dont elle fait de
New York l’emblème. Croisant des destins
aussi divers que probables, elle capte également
avec subtilité l’atmosphère à
la fois enivrante et oppressante de cette capitale mythique.
Il y a en cela quelque chose de profondément
cinématographique dans la composition de son
récit. L’on pense inévitablement
à certains films de Scorsese pour ce qui est
des bas-fonds de la ville, et à l’itinéraire
nocturne qu’elle nous propose comme voie vers
une rédemption. Mais aussi à Do the
right thing de Spike Lee pour l’évocation
de cette chaleur insupportable et de la tension latente
qu’elle traduit et contribue à faire exploser.
Et enfin à la flmographie de Quentin Tarantino
pour la juxtaposition et l’alternance des points
de vue. Alors, noir le scénario de Valérie
Tong Cuong ? Dehors, peut-être. Après tout
les éclipses sont rares. Mais certainement pas
aux tréfonds de l’âme humaine pour
qui cette nuit de tous les dangers devient aussi celle
de tous les possibles.
Laurence
Bourgeon |
Le
Figaro Littéraire
La nuit révèle la vraie psychologie
des êtres. A New York, en plein été
surchauffé, la «Grosse Pomme» subit
une panne d'électricité. La ville est
éteinte. Le noir absolu est propice aux confidences,
aux épanchements et à l'abandon. Dans
ce cadre, Valérie Tong Cuong dresse les portraits
de quatre âmes en déroute. Il y a Naomi,
une prostituée qui attire la compassion. Son
proxénète s'appelle Bijou, pas vraiment
un cadeau. On rencontre également Simon, un avocat,
à l'aise dans la vie, financièrement en
tout cas. Et Canal, un Chinois, qui se décrit
comme un «non-être,
une absence, un rien, au mieux une parenthèse
emplie de vide (...)». Les chapitres
qui bâtissent le roman sont des monologues tendus,
désabusés; comme si les personnages ne
pouvaient pas communiquer entre eux. D'où ce
sentiment de désenchantement et ce regard sans
illusions sur la vie, qui donnent le ton au récit.
Et en même temps ce qui peut paraître paradoxal,
la romancière laisse percer une certaine espérance.
Mohammed
Aïssaoui |
Coup
de coeur Femme Actuelle
Valérie Tong Cuong. La peur du noir
Coup de cœur :
en 2003, une gigantesque panne d’électricité
plonge New York dans l’obscurité. Valérie
Tong Cuong y était. Elle en fait tout un roman.
L’histoire :
Alors que les New-Yorkais, encore marqués par
le 11 septembre, sont sur leur lieu de travail ou s’occupent
de leurs enfants, une panne d’électricité
plonge la ville dans l’obscurité. Trois
personnages dont les routes ne se seraient jamais croisées
vont alors se rencontrer. Un jeune Chinois, un avocat
médiatique, une prostituée. Chance ou
malchance ?
Pourquoi on l’aime
? Pour l’émotion : l’auteur
nous fait partager le quotidien de ses personnages en
nous plongeant au cœur de leurs émotions
et pensées. Forcément… on se projette
et on compatit.
A qui l’offrir ?
A votre grand fils, surtout s’il est fan de littérature
contemporaine, qui prévoit déjà
de partir travailler aux Etats-Unis avant même
de commencer ses études en France.
Confidence pour confidence
: «J ’étais à
New York au moment de la «grande panne».
C’est d’abord la peur qui s’est installée
: le souvenir du 11 septembre faisait craindre une attaque
terroriste. Puis, on a su ce que c’était.
La vie a basculé en quelques minutes. A Manhattan
les pompes ne fonctionnaient plus donc plus de toilettes,
plus d’eau dans les étages. Plus d’ascenseurs
bien sûr. Les gens qui travaillaient là
se sont retrouvés coincés loin de chez
eux. Les téléphones portables ne fonctionnaient
plus. Ni les distributeurs de billets. Cette nuit-là,
on raconte que New York et toute la côte Est ont
préparé un baby-boom. Et moi, 9 mois plus
tard, j’ai donné naissance à une
adorable petite fille… »
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MUZE
Social.
Trois personnes plongées dans le noir, pour une
tragédie à trois voix dans une église
new-yorkaise.
Un avocat célèbre, un petit Chinois clandestin,
une jeune prostituée roumaine : trois destins
qui se croisent dans une église de Manhattan,
lors d'une panne d'électricité géante.
La tension monte tout au long du roman, à la
manière d'une tragédie antique pour aboutir
à l'explosion finale. Très belle construction,
tout en sous-entendus, parfaitement maîtrisée. |
Elle
- Il est comment le nouveau Valérie Tong
Cuong ?
Electrique. On est à New York,
dans un bordel de Brooklyn, en haut d’une tour
du Financial district et au fond d’une échoppe
de Chinatowwn. Trois lieux qui ne s’éteignent
jamais, maintenus sous perfusion de néons, de
dollars et d’air climatisé. Naomi se consume
entre deux clients, Simon gagne l’argent que sa
femme dépense et Canal est l’esclave d’un
vieux Chinois. Une «pute à crack»,
un avocat médiatique et un orphelin, trois archétypes
et autant de solitudes que Valérie Tong Cuong
anime avec tendresse. Sa bonne idée ? Une unité
de temps singulière : l’après-midi
du 14 aout 2003 où une panne générale
plonge New York dans l’obscurité. Il fait
«Noir dehors» et une petite lueur s’allume
à l’intérieur des trois antihéros.
Naomi au bord de l’overdose s’échappe
avec sa copine Bijou. Simon expérimente la vie
sans carte bleue ni téléphone portable,
et ce jeûne numérique braque les projecteurs
sur la vacuité de son existence. Canal, lui,
profite d’un incendie pour fuir la boutique dont
il ne s’était jamais évadé,
excepté chaque nuit devant un DVD d’amour
ou de Kung-Fu. On s’accroche alors à l’exode
de ces trois naufragés. Cette nuit américaine
est si plaisante qu’elle paraît un peu courte
: on ferait bien encore un bout de chemin avec Naomi,
Simon et Canal.
Edouard Dutour
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Coup
de coeur de la Fnac
Valérie Tong Cuong est romancière et chanteuse
au sein de la formation trip-hop Quark. Avec ce cinquième
roman, toujours à fleur de peau, elle nous entraîne
dans la nuit new-yorkaise où elle fait se rencontrer
d’improbables oiseaux de nuit, tous marqués
par la vie, tous écorchés vif à
leur manière, tous en quête d’un
certain absolu. Il y a tout d’abord Naomi, «
pute à crack » affamée de vie qui
travaille dans un bar clandestin de Brooklyn, sur laquelle
veille l’étrange Bijou, son ange gardien
; puis Simon Schwartz, un avocat médiatique paumé
qui aime à roder dans les quartiers mal famés
en quête d’une descente aux enfers à
valeur de punition (ou de rédemption ) ; il y
a enfin un personnage appelé Canal, spécialiste
des arts martiaux ainsi surnommé parce qu’on
l’a retrouvé abandonné à
sa naissance sur les berges de Canal Street, à
Chinatown… Soudain, une panne d’électricité
géante touche New York et voilà que tout
est possible, surtout la rencontre entre des gens qui
ne sont pas faits pour se rencontrer et dont la vie
va basculer…
Le roman new-yorkais de Valérie Tong Cuong. Une
visite dans le noir d’une ville privée
d’électricité sous forme de «
short cuts » pleins d’énergie.
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Le
coup de foudre de Glamour
LA NUIT DES HEROS
New York, août 2003. Deux prostituées enfermées
depuis 10 ans dans un bordel, un jeune sans-papier chinois
exploité par un marchand de bric-à-brac,
et un avocat célèbre seul dans son gratte-ciel
de Manhattan. Soit quatre marginaux aux allures différentes,
qui attendent que le destin leur indique une issue de
secours. C'est à ce moment-là que toute
la ville est plongée dans le noir par une coupure
de courant historique. Les filles profitent que le mac
a le dos tourné pour s'enfuir, le jeune Chinois
quitte cette satanée boutique qui a subitement
pris feu, et l'avocat découvre la ville à
pied faute d'avoir pu trouver un taxi. Tous échouent
dans une église de Brooklyn. Et leurs destins
se percutent avec la violence d'un carambolage sur la
cinquième avenue. Le cinquième roman de
Valérie Tong Cuong est construit sur un fort
suspense. Avec une morale qui ressemble à un
proverbe chinois : parfois, il suffit d'éteindre
la lumière pour y voir plus clair. Poétique
et palpitant.
A.D.
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L'Echo
des Savanes - Rubrique : les Indispensables de l'Echo
Roman urbain et intimiste, Valérie Tong Cuong
met en fiction la panne d'électricité
générale qui dura quelques heures, une
chaude après-midi d'août 2003, dans l'Est
américain. L'auteur, chanteuse et romancière,
donne alternativement la parole à une pute accro
au crack, à un avocat médiatique et à
un Chinois confucéen. La panne à New york
va provoquer leur rencontre ou leurs retrouvailles.
Et le roman, alternance de monologues et multiplicité
de regards, devient déraillement psychique. Des
portraits qui forment une subtile variation psychologique
et littéraire.
Hubert
Artus |
DS
- Rubrique : En vitrine
New York subitement privé d'électricité.
New York, brusquement plongé dans la nuit qui arrache
ou rend à leur obscurité les occupants de
ce roman. Un périple dans les ténèbres
de la dérive urbaine, avec ses hauts et ses bas.
N.C. |
LeLitteraire.com
- A la une
Droguée au crack, prostituée dans un bar
clandestin de Brooklyn, la jeune héroïne du
roman New-Yorkais de Valérie Tong Cuong suggère
une porcelaine presque intacte après le souffle
d’une bombe. Fragile derrière le mascara
savamment appliqué sur ses paupières gonflées,
délicate sous les ecchymoses laissées par
les proxénètes, Naomi n’a jamais marché
sans but dans les rues de la grande ville, n’a jamais
goûté à la liberté américaine.
Son univers est clôt sur des murs gris, la file
de clients, des cris, les gifles avec pour seul échappatoire
un rush de cailloux fumants qui montent droit au cerveau
pendant un bref instant. Enfermée seule et sans
espoir, Naomi n’aurait pas tenu longtemps, mais
il y a Bijou. Leurs mèches blondes se mêlent
lorsque Bijou la console, grande sœur et confidente.
Sauf que Naomi n’a pas d’histoire à
raconter.
Combien de filles vivent ce destin effroyablement tracé:
des heures identiques, faites d’abus, de violence,
de confusion, une journée répétée
à l’infini, jusqu’à ce qu’elles
soient trop vieilles, trop moches, ou trop mortes pour
conserver valeur marchande? Qu’est-ce qui aurait
pu justifier un traitement différent dans le cas
de Naomi et Bijou?
Une question bien loin des préoccupations de Simon
Schwartz, avocat réputé, qui du haut de
son gratte-ciel du Financial District, a trouvé
un sens à sa vie grâce à un site internet
réservé aux adultes. Au 36e étage,
le paradis charnel se distille par webcam.
«Je n’aurais pas
du penser à toi, mon ange. Walter Greene et sa
bande de roquets vont se pointer dans dix minutes pour
conclure un contrat à deux millions de dollars
et que trouveront-ils en face d’eux ? Le brillant
Simon, joues brûlantes, tempes humides et bas-ventre
en trois dimensions !».
Les malheurs de Naomi sont tout aussi loin des pensées
qui traversent l’esprit de Canal, ce type étrange
épris de philosophie et d’arts martiaux,
qui depuis l’enfance, travaille jour et nuit dans
un bazar asiatique au cœur de Chinatown.
«Le magasin s’étirait
en longueur. On y trouvait amoncelé tout ce que
la Chine savait faire, c’est-à-dire tout
ce que la planète avait inventé. […]
Et puisqu’il me fallait un nom et que la boutique
donnait sur Canal Street, on alla au plus simple et l’on
décida de m’appeler Canal.»
L'après-midi du 14 août 2003, tout bascule.
A 16h 10, le chaos s’empare de la métropole
en proie à la grande panne, le black out qui de
Brooklyn à Manhattan sème la panique, bouscule
les vies qu’elles soient bien ou mal réglées.
Plus rien ne fonctionne : embouteillages monstres, distributeurs
d’argent en panne, réseaux saturés,
climatiseurs en berne. Dans la chaleur étouffante,
certains tentent de gérer la crise, d’autres
s’engouffrent dans la brèche vers la liberté.
Egaux face aux évènements, les héros
fracturés de Noir Dehors se rencontreront et n’en
sortiront pas indemnes. Des gens qui n’auraient
pas du se croiser vont se percuter, perdus dans la marée
humaine qui envahit les rues, prend d’assaut les
ponts de New York.
«Il fallait pousser des
coudes pour se frayer un chemin dans la masse. Parfois,
quelqu’un lançait un juron, agacé
par ces deux femmes en minijupes, presque enlacées
qui le dépassaient sans un mot. Deux blondes décolorées
sur le Williamsburg Bridge et qui marchaient comme des
reines…»
Dense, dynamique, rapide à lire comme une montée
d’amphétamines, filant dans les artères
de la métropole américaine pour disjoncter
ses centres nerveux, le cinquième roman de Valérie
Tong Cuong explore avec un talent d’écriture
évident le concept de l’égarement,
l’effondrement des repères. New York se prête
au jeu, et laisse la romancière fouiller ses entrailles
obscurcies pour en faire jaillir la lumière.
Black out à trois voix, Noir Dehors confirme le
virage optimiste amorcé avec «Ferdinand
et les iconoclastes». L’auteur excelle
à mettre en scène des personnages hors norme
qui osent prendre le risque de faire confiance aux autres,
de suivre leur instinct. Big up !
S.L. |
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